Faut-il se fier au prix pour choisir un contrat de prévoyance ?

Non : deux contrats de prévoyance au tarif proche peuvent offrir une protection très différente le jour où survient un arrêt de travail, une invalidité ou un décès. Ce qui fait la valeur d’un contrat, ce sont ses garanties, ses exclusions, ses franchises et ses délais de carence. Comparer ces éléments avant de signer est le seul moyen de savoir ce que l’on achète réellement.

La prévoyance est souvent souscrite dans la précipitation : au moment d’une installation en libéral, d’un emprunt immobilier ou après un problème de santé dans l’entourage. On regarde alors la cotisation mensuelle, parfois le montant des indemnités journalières, et on signe. Or la protection se joue dans les détails des conditions générales. Une plateforme comme Choisir Prévoyance aide à poser ces critères à plat avant de s’engager.

Prendre soin de sa santé, c’est aussi anticiper les conséquences financières d’un accident ou d’une maladie. La prévention a ses gestes ; la prévoyance a ses vérifications.

Ce qu’un contrat de prévoyance couvre, et ce qu’il ne dit pas en première page

Un contrat de prévoyance regroupe en général plusieurs garanties : les indemnités journalières en cas d’arrêt de travail, une rente en cas d’invalidité, un capital ou une rente en cas de décès, parfois une garantie dépendance ou une rente éducation pour les enfants. Chaque garantie a ses propres conditions de déclenchement.

Le tableau de garanties met en avant des montants. Les conditions qui encadrent ces montants figurent ailleurs, souvent plusieurs pages plus loin. C’est là que deux contrats qui semblent identiques se séparent.

Quels points comparer en priorité entre deux contrats de prévoyance ?

Les points à comparer en priorité sont les délais de carence, les franchises, la définition de l’invalidité et les exclusions. Ce sont eux qui déterminent si, et à partir de quand, vous serez indemnisé.

Le délai de carence

C’est la période qui suit la souscription pendant laquelle certaines garanties ne jouent pas encore. Un sinistre survenu pendant ce délai n’est pas pris en charge. Les contrats prévoient souvent une carence pour la maladie et aucune pour l’accident, mais les durées varient d’un assureur à l’autre.

La franchise

Elle correspond au nombre de jours d’arrêt non indemnisés au début de chaque arrêt de travail. Une franchise courte coûte plus cher, une franchise longue réduit la cotisation mais laisse à votre charge les arrêts brefs. Certains contrats distinguent l’accident, la maladie et l’hospitalisation, avec des franchises différentes pour chacun.

La définition de l’invalidité

Un contrat peut apprécier l’invalidité au regard de votre profession, ou au regard de toute activité professionnelle. Pour un chirurgien qui perd l’usage d’une main, la différence est considérable : il est inapte à sa profession, mais pas forcément à toute activité. Le mode de calcul du taux d’invalidité, et le barème utilisé, comptent tout autant.

Les exclusions

Certaines pathologies sont fréquemment exclues ou couvertes sous conditions : affections du dos, troubles psychiques, maladies antérieures à la souscription. Les sports à risque ou certains déplacements à l’étranger peuvent aussi être exclus. Lisez cette liste mot à mot : c’est elle qui décide de la prise en charge des arrêts les plus courants.

Récapitulatif des critères

CritèreQuestion à se poser
Délai de carenceCombien de temps après la signature suis-je couvert pour la maladie ?
FranchiseÀ partir de quel jour d’arrêt les indemnités sont-elles versées ?
InvaliditéEst-elle appréciée selon ma profession ou toute activité ?
ExclusionsLes troubles du dos et psychiques sont-ils couverts, et à quelles conditions ?
Durée d’indemnisationCombien de temps les indemnités journalières peuvent-elles être versées ?
RevalorisationLes rentes sont-elles revalorisées dans le temps ?

Le questionnaire de santé : une étape à ne pas bâcler

La plupart des contrats individuels de prévoyance demandent de remplir un questionnaire de santé. Les réponses doivent être exactes et complètes. Selon l’article L113-8 du Code des assurances, une fausse déclaration intentionnelle qui change l’appréciation du risque par l’assureur entraîne la nullité du contrat. Concrètement, un oubli volontaire peut priver l’assuré de toute indemnisation, même pour un sinistre sans lien avec l’élément caché.

L’assureur peut, au vu du questionnaire, accepter le risque sans réserve, appliquer une surprime ou exclure une pathologie précise. Ces décisions individuelles ne figurent pas dans la brochure commerciale : elles apparaissent dans les conditions particulières, qu’il faut relire avant signature.

Salariés, indépendants : des points de départ différents

Un salarié bénéficie souvent d’une prévoyance collective mise en place par son employeur. Il peut alors chercher à compléter cette couverture plutôt qu’à la dupliquer. La loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, dite loi Evin, encadre notamment ces garanties collectives.

Un travailleur indépendant part en général d’une protection obligatoire plus limitée. Il a intérêt à vérifier ce que prévoit son régime avant de choisir le niveau d’indemnités journalières et de rente. Les contrats dits Madelin, issus de la loi n° 94-126 du 11 février 1994, permettent sous conditions de déduire les cotisations du revenu professionnel imposable. Les informations sur les régimes obligatoires sont disponibles sur service-public.fr et auprès de sa caisse.

Dans les deux cas, la démarche est la même :

  • faire le bilan de ce qui est déjà couvert par le régime obligatoire et l’éventuel contrat collectif ;
  • chiffrer ses besoins réels : charges fixes, revenus à maintenir, personnes à protéger ;
  • demander plusieurs propositions établies sur les mêmes bases ;
  • comparer les conditions avant les cotisations.

Choisir-Prevoyance.fr a été conçu pour accompagner cette comparaison des contrats de prévoyance. Prendre une heure pour confronter deux ou trois offres, conditions générales en main, évite de découvrir au premier arrêt de travail que la garantie souscrite ne correspondait pas à sa situation.