L’ostéoporose se caractérise par une perte très importante de la masse osseuse – les os deviennent poreux et leur paroi plus mince – exposant à un risque de fractures et de fissurations.

Depuis sa genèse jusqu’à sa mort le squelette est en permanente reconstruction. Au cours de sa vie, une femme perdra entre 40 et 50% de sa masse osseuse. Un homme moitié moins. Une femme sur trois sera victime de fractures vertébrales à partir de 65 ans et, à un âge avancé, une femme sur trois aura une fracture du col du fémur. La moitié en gardent un handicap chronique et 20% décèdent dans l’année qui suit l’accident…

Lorsque la fracture survient, même mineure, l’ostéoporose est déjà installée.

On estime actuellement que l’ostéoporose touchera 40 % des femmes ménopausées.

Sur les dix millions de femmes concernées près de quatre millions seront tôt ou tard atteintes par cette maladie.

Les facteurs de risques :

Jusqu’à 30 ans environ on fabrique plus d’os qu’on en détruit, on amasse ainsi le CAPITAL OSSEUX.

L’importance de ce dernier dépend de plusieurs éléments :

  • génétiques : certaines populations et certaines familles possèdent un capital osseux particulièrement important ,
  • alimentaires : le calcium, la vitamine D et les protéines sont indispensables à l’élaboration d’un bon tissu osseux,
  • physiques : l’exercice physique favorise l’élaboration de la masse osseuse surtout pendant l’adolescence,
  • hormonaux : un manque d’estrogènes avant 30 ans peut compromettre l’avenir osseux.

À partir de 40 ans, hommes et femmes perdent petit à petit leur capital osseux

La décroissance est plus lente chez l’homme que chez la femme qui possède dès le départ un capital osseux plus faible.
A la ménopause ce phénomène s’accélère et dure huit à dix ans. Il est lié à la carence en estrogènes qui amplifie le déséquilibre construction/ destruction. Le tabac, la sédentarité et un régime pauvre en calcium favoriseront la survenue de l’ostéoporose.

Pour être vraiment utile, ce traitement devra être poursuivi pendant plus de sept à dix ans.

L’ostéoporose: une menace véritable

L’ostéoporose est responsable :

  • de la fracture des corps vertébraux appelée tassements vertébraux. Leur dénombrement exhaustif est quasi impossible car leur survenue est souvent silencieuse. On estime le chiffre approximatif en France de 40 à 65.000 cas par an.
  • de la fracture du col du fémur. Le risque augmente avec l’âge. Environ 55.000 fractures du col du fémur ; en 2050, il y en aura 150.000 si l’incidence actuelle perdure,
    ( de la fracture de l’avant-bras (appelé fracture de Pouteau-Colles). On estime que le chiffre approximatif en France est d’environ 40.000.

Ces trois fractures sont les plus courantes mais tous les os peuvent subir une fracture par fragilité osseuse, sauf … le crâne, la colonne cervicale, la main et les doigts. Des fractures sur ces os ne sont jamais dues à une ostéoporose banale.

Or, l’espérance de vie actuelle d’une femme française de 50 ans est d’environ 34/35 ans, une sur 4 atteindra 90 ans. Quant aux petites filles qui naissent aujourd’hui, une sur deux sera centenaire, soit une espérance de vie d’environ 50 ans après la ménopause !

Cette augmentation régulière de la longévité représente la principale cause de l’élévation de l’incidence de certaines pathologies comme L’OSTEOPOROSE.

Les prévisions sur la fréquence des fractures sont donc très pessimistes.

Les connaissances actuelles permettent de considérer les fractures comme des complications, en grande partie ÉVITABLES, de l’ostéoporose, maladie qui évolue lentement, sans aucun symptôme apparent (sauf peut-être un léger tassement de la colonne vertébrale). On l’appelle d’ailleurs « l’épidémie silencieuse ». Elle est pourtant la maladie osseuse la plus répandue dans le monde.

Les causes

Si l’ostéoporose n’est pas exclusivement féminine, elle est due chez la femme lors de la ménopause à la disparition des hormones féminines sexuelles liée à l’arrêt des fonctions ovariennes.

Mais, comme nous l’avons vu, l’hérédité, la maigreur, la race ainsi que le tabagisme, l’alcoolisme, la sédentarité, la carence en calcium, la prise de corticoïdes, l’hypertension, peuvent jouer aussi.
Encore que ces données morphologiques ou liées au mode de vie n’ont qu’une faible valeur prédictive.

Enfin un certain nombre d’affections (endocrinopathies, pathologies nutritionnelles, conséquences de certaines thérapeutiques ou des pathologies générales) sont en fait de véritables causes d’ostéoporose mais leur prévalence dans la population générale est faible.

Quand l’os s’est fait dentelle, c’est trop tard !

Comment arriver à apprécier le RISQUE fracturaire en DEBUT de ménopause ?

Le meilleur moyen actuel est l’ostéodensitométrie, acte prescrit par un médecin et qui d’une façon indolore permet de mesurer la quantité de rayons X absorbée par les os. Un examen fiable mais encore
coûteux puisqu’il n’est par remboursé par la sécurité sociale.

Une nouvelle piste pour le dépistage et la prévention est entrevue à partir de l’étude « COLLAGÈNE » une des protéines constitutives des os.

Enfin, une nouveauté « L’UBIS 5000 » permet l’analyse du calcineum (qui forme l’os du talon) par ultrasons : rapide (10 minutes) simple (ils suffit de se déchausser) et indolore. Il est intéressant comme TOUT PREMIER dépistage.

Prévention : ou comment « se faire des vieux os ? »

La prévention de l’ostéoporose commence dès l’enfance, par une bonne nutrition et une activité physique régulière.

Par la suite, il faut conserver une alimentation diversifiée, riche en calcium et en protéines ; une activité physique régulière et un ensoleillement suffisant.

A quoi s’ajoutera au moment de la ménopause un traitement hormonal substitutif (T.H.S.) ou un traitement plus ciblé.
Les traitements hormonaux ont en effet fait la preuve de leur efficacité sur le maintien de la trame osseuse, quelles que soient leur mode d’administration (orale, percutanée, transcutanée ou par voie nasale). L’adjonction de calcium et de vitamine D sera également indiquée.

Pour être vraiment utile ce traitement doit être poursuivi au minimum de 7 à dix ans.

Certaines molécules de la catégorie des S.E.R.M.S. (modulateurs sélectifs des récepteurs estrogéniques) comme le raloxifène par exemple qui possèdent les effets bénéfiques des estrogènes sans leurs effets délétères, constituent un traitement préventif de l’ostéoporose vertébrale post-ménopausique.

Chez les personnes âgées, il est essentiel de prévenir les chutes, parfois mortelles, souvent invalidantes, aux conséquences psychologiques et/ou sociales souvent difficiles à assumer.

Enfin des exercices spécifiques de gymnastique peuvent contribuer à la prévention en augmentant la masse osseuse.
Ils portent essentiellement sur les parties du squelette les plus fragilisées (os des avant-bras, col du fémur, colonne vertébrale).

Comment lutter contre l’ostéoporose avérée ?

Pour être efficace la stratégie thérapeutique doit viser à la fois à augmenter la masse osseuse et à réduire le risque de fracture.

Pour stimuler la formation osseuse, des sels de fluor combinés à une supplémentation en calcium et en vitamine D peuvent être prescrits.

Un traitement hormonal substitutif permet de compenser la carence en estrogènes et donc la perte osseuse. Plus de trente années d’expérience permettent à l’heure actuelle une excellente maîtrise des traitements. Envisagés de préférence dès la ménopause, ils peuvent être prescrits indéfiniment. (Faire ce choix avec l’aide du médecin).

Si la plupart des femmes peuvent en bénéficier, il doit néanmoins être adapté au cas par cas. Dans certains cas, il sera prescrit également des biphosphonates.

Les phytoestrogènes n’ont pas fait la preuve de leur efficacité à l’heure actuelle pour lutter contre l’ostéoporose post-ménopausique,

Les cures de thalassothérapie peuvent compléter la médication choisie avec séances de kinésithérapie et gymnastique adaptée.

Et sur le plan social ?

En cas de fractures invalidantes, une aide à domicile est possible ; aide ménagère, aide familiale, garde-malade.
Ces situations se gèrent au cas par cas avec l’aide du médecin et d’une assistante sociale.

Conclusion

Des soins de prévention alliés à une bonne hygiène de vie passant par une alimentation variée et une activité physique régulière sont les meilleurs garants d’une bonne santé.
Insistons donc sur le rôle prépondérant du médecin pour informer, orienter vers des examens complémentaires, proposer de nouvelles thérapies, les adapter au fil du temps et cela en harmonie avec les désirs de sa patiente.

Faisons confiance à la recherche : l’ostéoporose se traite de mieux en mieux

En résumé

– Vous bénéficiez d’un traitement hormonal substitutif :
Votre médecin vous prescrit régulièrement des examens de prévention auxquels vous pouvez ajouter une densitométrie de contrôle tous les cinq ans (sauf en cas de fracture) qui vous permettra de vérifier si votre traitement est bien adapté.

– Vous n’avez aucun traitement :
Ne vous y fiez pas, l’ostéoporose est une maladie silencieuse. Il serait prudent d’évaluer votre capital osseux.
Consultez votre médecin sans tarder et adoptez définitivement, comme dans l’autre cas les règles élémentaires d’hygiène de vie.

– Vous avez une contre-indication :
Il existe des alternatives.
Consultez votre médecin.

– Vous avez été victime d’un fracture :
Il s’agit peut-être d’une fracture qui est la conséquence d’une déminéralisation osseuse sans que vous en ayez été informée. Consultez votre médecin.